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Une expérience

De la cave à la vigne, des ajustements techniques et économiques pour préserver la qualité face aux évolutions climatiques.

Adapter nos pratiques face aux nouveaux équilibres

Commençons par la cave, qui demeure, malgré tout, le lieu où nous conservons la plus grande maîtrise des opérations.

Tant que le raisin demeure à l’extérieur, sur les ceps, nous ne pouvons qu’endurer les aléas et nous adapter aux événements.

Depuis des années, nous sommes convaincus que le tri constitue l’un des leviers majeurs de la qualité d’un vin.

Nous poursuivons donc l’amélioration de notre chaîne de réception de vendange en y ajoutant un poste de nettoyage supplémentaire. Le matériel est acquis ; il nous reste désormais à l’intégrer au dispositif qui comprendra, une fois finalisé — benne vibrante incluse — six postes lors des vendanges mécaniques et huit lors des vendanges manuelles.

Mon passé d’industriel continue, semble-t-il, de se manifester…

S’agissant de l’élevage, nous souhaiterions expérimenter l’usage de foudres. Toutefois, la variabilité des volumes de production constitue, pour l’heure, un frein à cette démarche.

En effet, un foudre — tout comme un fût — doit impérativement être rempli à 100 %. Or nous tenons à préserver notre approche parcellaire, ce qui nous contraindrait, lors des années de faible rendement, à compléter le foudre avec des jus issus d’autres parcelles, altérant ainsi la typicité propre à chaque terroir.


À la vigne, et afin de composer avec la nouvelle donne climatique, nous poursuivons l’acquisition de parcelles situées sur des terroirs qui apparaissent davantage adaptés, tout en privilégiant des vignes plus jeunes.

Nous avons malheureusement constaté que les vieilles vignes, dont le système racinaire est profondément ancré, ne parviennent plus à s’alimenter correctement : les nappes phréatiques étant asséchées et l’eau de surface trop éloignée de leurs racines.

C’est pour cette raison que notre mode cultural a également été ajusté : nous travaillons désormais les sols de manière régulière et apportons la matière organique qui, autrefois, était naturellement présente.

Ce changement cultural entraîne de facto une augmentation des coûts de production.

La solution la plus simple serait de répercuter ces charges supplémentaires sur nos prix de vente, mais nous privilégions plutôt l’amélioration de la rentabilité parcellaire : travailler une surface réduite tout en maintenant un volume de production suffisant pour assurer notre viabilité économique, sans jamais compromettre la qualité propre au Clos de Vènes et en préservant notre excellent rapport qualité/prix.

Tel est le défi qui se présente à nous aujourd’hui.

Et vous, comment percevez-vous ces évolutions dans le travail de la vigne et du vin ?

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